Jerzy Moscicki,
la lumière avant la couleur
Lyon, ville de lumière, de tissus… et de pastel
Il y a des rencontres qui marquent durablement une pratique artistique. Celle avec Jerzy Moscicki en fait partie pour moi. J’ai été initiée au pastel dans son atelier lyonnais en 2016.
Lors d’un séjour à Lyon, j’avais découvert une exposition de pastel au parc de la Tête d’Or organisée par l’Art de Cœur de l’Art. Ce fut un véritable coup de foudre pour les œuvres de Jerzy.
Lyon n’est pas seulement associée à la peinture et au pastel : c’est aussi, et peut-être avant tout, la ville des tissus — de la soie, des canuts et de cette tradition textile qui a façonné toute une partie de mon propre univers créatif. Deux fils se croisent ainsi : celui de la lumière que l’on peint et celui de la matière que l’on tisse.
Jerzy Moscicki, un maître pastelliste installé à Lyon
Jerzy Moscicki est un peintre et pastelliste d’origine polonaise, installé en France depuis le début des années 1980, après des études au lycée des Arts plastiques de Wrocław. Il partage aujourd’hui son temps entre son atelier situé sur les pentes de la Croix-Rousse, à Lyon, et un atelier dans l’Ain, où il crée et accueille ses élèves pour des cours de peinture et de pastel.
Nommé Maître Pastelliste par la Société des Pastellistes de France, il a été récompensé à de nombreuses reprises au fil de sa carrière, en France comme à l’international.
Premier prix de la Société des Pastellistes de France en 2014, il participe en 2015 au premier Festival international du pastel de Suzhou, en Chine. L’année suivante, il expose à la deuxième Biennale internationale du pastel organisée à la Ming Gallery of Art de Suzhou. Certaines de ses œuvres figurent aujourd’hui dans les collections du Musée du pastel en Chine. En 2019, il est nommé Maître Pastelliste et reçoit également le Richeson Pastel Bronze Award, dans le cadre du concours des cent meilleurs pastels sélectionnés par la revue américaine Pastel Journal. Son parcours et plusieurs de ses œuvres sont présentés sur le site du Salon Pastel en Bourgogne, dont il fut l’invité d’honneur en 2024.
Ce que j’apprécie chez Jerzy, c’est bien sûr son talent et la force de ses œuvres, mais aussi son humour et son ouverture d’esprit. J’aime sa manière de s’enthousiasmer lorsqu’il décrit un pastel qu’il observe. C’est le seul pastelliste que j’ai rencontré qui conjugue à ce point esprit critique et curiosité.
Cette ouverture se retrouve dans son enseignement. Il propose aujourd’hui une approche à la fois classique et ludique, afin de transmettre son savoir sans enfermer ses élèves dans sa propre manière de faire. Il organise également différents cours et stages de peinture et de pastel.
« Avant de voir la couleur, je regarde la lumière »
Ce qui frappe d’abord dans le travail de Jerzy Moscicki, c’est son rapport au clair-obscur. Il s’inscrit dans la tradition des peintres qui construisent leurs sujets par la lumière plutôt que par la couleur. C’est l’ombre — cette « non-couleur », comme il la définit lui-même — qui donne vie et mystère à ce qui est représenté.
Un sujet uniformément éclairé, explique-t-il en substance, devient plat. C’est au contraire ce que l’ombre dissimule qui invite le regard à imaginer et à raconter la partie invisible du tableau.
Cette conception se retrouve dans sa méthode d’enseignement, qu’il nomme la méthode valoriste. Le travail commence par la mise en place des valeurs, des zones les plus sombres aux parties les plus claires. La couleur intervient ensuite progressivement, par superpositions, en s’appuyant sur cette première construction de la lumière.
Cette méthode est présentée dans le document pédagogique « La couleur à travers la lumière », publié sur le site de la Société des Pastellistes de France.
Des salons de pastel et un invité d’honneur
J’ai eu la chance et l’honneur d’exposer à deux reprises dans des salons où Jerzy Moscicki était invité d’honneur : au Salon Pastel en Bourgogne, en 2024, puis au Salon du Pastel d’Égly, dans le sud de la région parisienne, en 2026.
Ces salons sont toujours des moments précieux pour les pastellistes : on y découvre le travail des autres, on échange sur les techniques, les papiers et les pigments. Et parfois, on y retrouve un artiste dont le parcours et le regard continuent de donner une nouvelle impulsion à sa propre pratique.
Pour aller plus loin : lire l’article consacré à Jerzy Moscicki dans Pratique des Arts, « Entre classicisme et onirisme ».
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